Robert en Angleterre 2001

Rapport et photos de Katane
Vous trouvez la version originale anglaise sur sa homepage
(Traduction: Bettina)

Robert s’est pointé pour sa petite tournée traditionnelle de la perfide Albion, du 11 au 13 mai 2001, et pour une fois je n’avais pas d’autres engagements, ça tombait bien, merci, Robert!

Le vendredi, nous nous sommes donc rendues à Bournemouth, la meilleure des trois soirées, le public d’à peu-près 95 personnes s’étant tenu à des questions assez intelligentes… à part la femme qui lui a demandé si il parlait ‘mexicain’, mais bon. En retour, nous avons eu droit non seulement à son sens de l’humour un peu sec, mais à des réponses réfléchies. Les questions allant de "Qu’est ce que vous comptez faire après Voyager?" à "Est-ce que vous allez faire un autre ‘Galaxy Ball’?" en passant par "c’est quoi votre voiture?".

Il nous a donné des réponses intéressantes. Quand on lui a demandé ce qu’il pensait de son rôle dans ‘Voyager’, il l’a comparé au travail d’un charpentier en train de constuire un abri de jardin et nous a dit que l’abri de jardin était un bon abri de jardin et qu’il avait fait de son mieux, même qu'il aurait préféré construire une belle maison de style mediterrannéenne. La télévision est un commerce, comme les voitures. L’ouvrier va à l’usine, construit la voiture, il y a des contrôles de qualité, le consomateur achète la voiture et en est content.

La télé est un produit, mais finalement Voyager est une bonne série, même si la télé impose ses règles aux réalisateurs et aux acteurs. Le fait que Voyager ressemble à la Série Originale et à la Nouvelle Génération n’a rien arrangé. Il pense que les épisodes de Voyager de ces trois dernières années n’avaient pas grand-chose d’original et qu’ils manquaient un peu de continuité, ce que le fan moyen ne manque pas de remarquer. Les scénaristes sont tout-puissants, et les acteurs ont peu d’influence. Il ne se plaint pas de ce qu’il a eu peu de temps à l’écran, mais puisque Voyager a pris 7 ans de sa vie, il aurait aimé que les fans et lui-même en aient tiré plus de satisfaction.

La remarque la plus intéréssante doit être celle qu’il a fait au sujet des critiques de la série. Il nous a dit que critiquer la série, c’était un peu comme critiquer sa propre famille: vous le faites sans arrêt, mais vous n’aimez pas que d’autres le fassent. Critiquer ‘Voyager’, c’est comme critiquer sa propre famille.

On lui a demandé si il avait considéré abandonner Voyager avant la fin de la série. Il nous a répondu qu’il avait fait tout son possible pour se faire virer! Il avait honte vers la fin et était en colère pour ses collègues parce que toutes les histoires étaient sacrifiées à la sempiternelle confrontation entre Janeway et Seven: "Obéissez moi!" "non!" "si!" "non!" "si!…" Son opinion du dernier épisode est plutôt vitriolique. Il pensait que la 7ème saison allait apporter une conclusion satisfaisante à tous les fils de l’épopée, mais il attend toujours… et au lieu de ça, on a eu droit à tous les clichés habituels: le docteur a une laryngite et souffre de dépression parce qu’il ne peut plus chanter… et l’épisode ou Seven a une laryngite et , oh mon dieu, ne peut pas sauver la situation, qu’allons nous faire? Et finalement l’épisode où Chakotay doit absolument parler à son père décédé mais a perdu son numéro de téléphone et l’avant-dernier épisode où Harry Kim tombe amoureux… d’un hologramme etc etc,

Quand on lui a donné le script de ‘Shattered’, il s’est plaint de ce qu’il ne s’agissait que d’un journal de voyage sans but. Est-ce-qu’ils ne devraient pas amorcer le chemin du retour? Il se demandait un peu ce que les scénaristes allaient pondre pour l’épisode final… et quand il a lu le script il s’est dit "c’est ça notre sortie triomphale? J’avais raison: les scénaristes sont des imbéciles. En clair ils m’ont gentiment donné raison… mais c’est un épisode que vous allez devoir vous taper! "

On lui a posé la question sur le développement du caractère Chakotay, et il a répondu qu’il aurait bien aimé voir la confrontation Maquis/Starfleet durer plus longtemps, car ceci aurait forcé les scénaristes de renter plus dans les relations humaines - mais ils ont préféré d’écrire du ‘technobabble’ pour le docteur. Une des choses qu’il trouve idiotes avec Star Trek est le fait qu’il font réagir les gens de Starfleet comme un groupe de Scouts qui n’ont pas grandis; que de techobabble et pas de relations humaines.

Apparemment la plupart des acteurs de Voyager sont heureux de la fin de la série - sept années sont une longue période et maintenant, c’est bien de faire autre chose dans la vie; il pense que Kate Mulgrew est la seule à ne pas être heureuse ‘parce qu’elle n’a plus de gens à commander… ils ont du l’éloigner de force du Stage 8’ - ceci a été accompagné par une très drôle imitation de Kate tirant en vain à la porte des studios Paramounts ! Ses parodies de ses collègues et de leur caractères sont très drôles! La photo sur la droite a été prise pendant son imitation de Robert Picardo comme docteur.

Une de ses réponses les plus drôles venait à la question si Voyager aurait mieux marché avec un capitaine Chakotay en charge - il donnait une imitation très exagérée d’un capitaine peaux-rouge : "How .. nous venons, traversons votre espace…ne tirons pas…avons une meilleure technologie que vous… beaucoup de boucliers…" (vous auriez dû y assister - cela ne se traduit pas bien dans un rapport!). Il a été heureux avec son rôle de second, il pense seulement qu’ils n’auraient pas du faire du capitaine une telle voit-tout, sait-tout. Entre le capitaine, Seven of Nine et le docteur ne restait pas beaucoup d’espace pour les autres caractères.

Des gens avec qui il aimerait travailler: Peter O'Toole, Humphrey Bogart, Brando, De Niro, Montgomery Clift, Richard Burton, Ralph Richardson - plusieurs acteurs anglais ont été ses idoles pendant sa jeunesse. Des acteurs français également: Yves Montand, Jean Gabin (mon Maigret préféré - Kat), et aussi l’acteur italien Marcello Mastroianni. Ce truc de Hollywood d’utiliser actuellement toujours les mêmes cinq à dix acteurs l’ennuie; si ce n’est pas Nicolas Cage, c’est John Travolta ou Bruce Willis (pourtant le jour suivant à Page’s il dit que le meilleur film qu’il a vu récemment a été The Sixth Sense!)

La formule pour le Galaxy Ball va changer un peu cette année - ça sera un événement de toutes les actions caritatives des différents acteurs de Voyager (mais toujours nommé Galaxy Ball). Il n’y pas encore de date précise, mais il va avoir lieu en octobre ou novembre.

Il n’a pas encore de projets précis pour l’avenir - il a renoncé a quelques rôles qu’on lui avait proposé, et comme une grève du Screen Actors' Guild à Hollywood est prévue pour l’été tout l’avenir proche est incertain. Interrogé sur un éventuel film sur Voyager il répond qu’il n’y croit pas, les scénaristes sont trop heureux d’avoir fini avec les acteurs. Même s’il y avait un film, il ne serait pas dedans - il pense qu’ils ne veulent plus de lui.

Je lui ai demandé s’il y avait une chance que la lecture de poésie ayant lieu au MOLAA (Musée de l’Art latino-américain) soit enregistrée sur CD; il a dit qu’il aimerait bien mais que ce n’est pas prévu pour l’instant, mais il verra ce qu’il peut faire parce qu’il adore lire des poèmes.

La question la plus bizarre de la soirée : quelle sorte de pantoufles porte-t-il ? Réponse : aucunes - il porte des chaussettes blanches quand il fait froid et marche pieds-nu (comme un vrai Indien) quand il fait chaud.

Ensuite a eu lieu la signature des autographes - il a eu l’air très détendu. J’avais décidément un avantage sur Abby et Clare - je l’avais rencontré avant. Elles ont éprouvé l’habituel sentiment de perte des fonctions de leur mémoire et n’ont pas été capables de lui parler (pourtant elles sont normalement de vraies bavardes. Allez voir vous-mêmes! Et elles ne vont jamais me pardonner :) Je me trouvais donc au milieu d’une conversation avec lui en portugais (qu’il parle un peu), parce qu’il voulait savoir d’où je suis et quand je lui disais Londres, il voulait connaître mes vraies origines comme je n’ai pas le look anglais. Je me suis vraiment bien amusée.

Sans avoir vraiment beaucoup dormi (la nuit du vendredi au samedi nous avions parlé, et regardé Latino, El Diablo et Star Trek) et après plus de 200 km d’autoroute, nous sommes arrivées à Lakeside. Une chaîne de magasins de livres, Into the Void, y ouvrait un nouveau store (loyer faible, taxes professionnelles très basses) et Robert signait des autographes pour l’ouverture. Je ne sais toujours pas pourquoi nous y sommes allées parce que nous avions fait signer des autographes le soir précédent, mais je suis heureuse maintenant de l’avoir fait.

Nous avons fait la queue -faut pas le décrire, vous l’avez déjà fait, vous aussi - pendant une heure à peu près. Heureusement il y avait un café à côté en nous y sommes allées en tour de rôle pour boire un café. De toute façon la queue avançait et nous nous sommes approché de la porte . Bonne nouvelle - ils laissaient rentrer trois personnes au même temps, nous pouvions donc y aller ensemble. J’ai été un peu choqué quand Robert m'a reconnu de la soirée précédente, mais comme je marchais avec des béquilles, cela reste plus facilement dans la mémoire des gens. Lui aussi a été étonné que nous lui avons demandé de signer les photos du soir précédent, mais il avait l’air de les aimer.

La soirée a eu lieu au bar Page’s, un bar Star Trek au milieu de Londres, juste derrière le Parlement. Les membres du Parlement sont certainement de grands fans de Trek ;-) A 15 h quand nous y sommes arrivées il y avait déjà une queue, parce que même avec tous les tickets vendus en avance il fallait faire la queue pour avoir une place assise et ne pas rester debout pendant toute la soirée. Manny, un des organisateurs très sympa, est venu vers nous et nous a proposé de nous réserver une table pour que je ne doive pas faire la queue avec mes béquilles tout l’après-midi.

Alors, nous sommes parties nous asseoir dans un petit parc proche - un de ces lieux, et avec ce temps magnifique, où l’on croit à peine d’être au milieu de Londres - jusqu’à 17 h, l’heure de l’ouverture de Page’s. Manny nous avait organisé une table bien placée, et nous avons passé les trois heures suivantes à l’attente de Robert en bavardant et en regardant les gens. Nous avons bu aussi quelques bouteilles de Champagne, au moins Abby et Clare. Moi, en tant que chauffeur pour le week-end, j’en ai pris un verre et ensuite du café.

Observer des gens a été intéressant; rencontrer d’autres amies du Internet a fait plaisir - Jana, Rowan, Roberta, les filles de MOOD et beaucoup d’autres. Page's est petit et il y avait beaucoup de gens. Robert est finalement arrivé vers 20 h et son entrée a fait des ravages dans la salle. Robert a fait avec en se lançant dans une représentation qui était plutôt une comédie stand-up que autre chose - ce qui a été encore plus évident en comparaison avec la soirée de Bournemouth. Les questions ont été les choses Trek habituelles (comme déjà dit, il déteste les épisodes finales et il n’est pas très satisfait par la relation Chakotay/Seven - il n’est pas très ami avec Kate Mulgrew actuellement non plus. De son point de vue, elle a pris les choses trop en sérieux vers la fin. Le vendredi il avait décrit son comportement comme si elle pense de pouvoir guérir le cancer avec l’effort de délivrer une performance parfaite !) En ce qui concerne ce sujet il ne disait rien ces vendredi et samedi qu’il n’avait pas dit plusieurs fois avant !

Le week-end à été fantastique - nous n’avons pas pu aller à Norwich le dimanche parce que nous avions trop de choses à faire, dans notre vie réelle, mais Bournemouth et Page’s ont été tous les deux très amusants. Pas seulement à cause de Robert, mais aussi pour l’occasion de rencontrer d’autres fans et pour l’ambiance.

 

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