A Touch of the Poet

d’Eugene O’Neill

 

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Le père ivrogne qui bat sa femme et ses gosses, ce n’est pas l’exemple que l’on choisit de citer dans les discours sur le rapprochement des cultures, en règle générale, mais on le trouve bien utile quand il s’agit de monter une petite pièce pour les amateurs de théatre californiens d’aujourd’hui.

La pièce début du Latino Classical Repertory cette saison souffre certes de quelques imperfections, mais ce n’est en aucun cas la faute de la transposition de la pièce du cadre irlando-américain de 1827 au cadre mexicano-américain de 1872. Et bien qu’il s’agisse de la première production du Cal State LA’s Theatre dans la série 21ème Siècle, on reste dans la tradition avec un bon vieux Eugene O’Neill, même s’il est repeint au couleurs du jour pour les besoins du public.

Le sale macho au centre de cette pièce, c’est Cornelius Melody, ou plutôt Cornélio Melendes (Robert Beltran) dans une adaptation du metteur en scène Ruben Sierra. Cornélio est un immigrant qui tient une auberge et s’ennivre tous les soirs d’alcool et d’histoires de son passé glorieux d’ancien combattant, crache sa haine des yankees et bat copieusement sa femme par trop servile, Nora (Bertila Damas), ainsi que sa fille Sara (Maria Canals).

Dans "A Touch of the Poet" encore plus que dans les autres pièces d’Eugène O’Neill, tout repose sur le jeu central. Heureusement pour cette production, le Cornélio joué par Beltran est tout ce dont la pièce a besoin. La sensualité volatile et le magnétisme de Beltran explique en grande partie pourquoi Nora, Sara et d’autres tournent toujours autour de Cornélio en dépit de sa brutalité. Quand il se met en colère, il fait pitié, une combinaison qui semblent attirer les femmes vers O’Neill puisqu’elles en redemandent...

Traduit du LA Times Home Edition, August 5, 1993.

Article original anglais de Jan Breslauer

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